1978, baccalauréat série A4
1979-1980, université Paris X Nanterre, droit
1981-1990, ENSA Versailles - diplôme d’architecte dplg
1982- 1984, cours d’arts plastiques avec F. Benrath
1992, architecte libéral

1993, Médaille d’argent de la ville de Paris distinction reçue à l'occasion du salon d’automne du 11e arrondissement

2011, inscription à La Maison des Artistes

2014, adhésion à l'ADAGP
MDA N°: G 831570
SIRET N°: 389 985 086
APE 9003A
ADAGP N°: 1114179

Je suis né en 1958, à Dreux.

Hors la ville, dans les champs et dans les bois, à l'abri, dans une maison moderne largement ouverte sur un grand jardin qui était un ancien verger, simple parcelle de campagne entourée de blé cultivé, sans limites ni clôtures, avec de beaux et vieux pommiers comme sommets d’exploration.

Nous y avons eu une enfance heureuse, une grande famille, du bruit, de la fureur et des jeux. Nous y avons vécus, avec insouciance, une éternité d’enfance à capter les éléments et à contempler la course des nuages dans le ciel, à observer les insectes dans la végétation en suivant leur cheminement complexe de brins d'herbe en tiges folles, à sentir l’odeur de la terre et du blé dans le champ d’à côté, celle de l’herbe fraîchement coupée et celle de l’humus dans la forêt toute proche.
Souvent, la voie lactée, admirée jusque tard dans la nuit, à en avoir le cou brisé, nous a fascinés par l'immensité de son mystère.
Tout s'est passé comme si j'avais à remplir ma mémoire d'une collection infinie de détails dont j'ignorais à quoi ils pourraient me servir et qui était complétée par la rêverie qui m'emportait à la lecture des livres d'art et d’aventures de la bibliothèque de mes parents.

Depuis l’enfance, je voulais être médecin, l'époque était aux grandes aventures humaines et le professeur Barnard faisait la une, je lisais ses exploits dans le Reader digest, je m'en souviens.
Cette vocation m'est restée longtemps, l’idée de sauver des gens me paraissait être la cause que je devais embrasser. Mais j'étais angoissé par la vie et déjà marqué par la mort d’une camarade de classe et puis je n’étais qu’indiscipline et inorganisation, souvent puni pour cela d’ailleurs.
Puis, l'adolescence a été brutalement interrompue à l'été 76. Mon père est décédé, le cœur usé par trop de chaleur, trop sèche. Cette tragédie fut suivie par les départs successifs de mes grands-parents et de ma tante, seuls parents directes, et a mis fin à la vie facile, j'ai terminé laborieusement ma scolarité et il a fallu partir pour les longues années d'étude.

Après un Bac littéraire je me suis inscrit en fac de droit en 1978. Je n’étais pas vraiment inspiré par cette discipline et je n'ai pris aucun plaisir à l'atmosphère élitiste qui régnait dans les amphis et dans les salles de TD et J'ai vite abandonné.

J'étais rêveur, à 19 ans j'ai voulu faire de la photo, j'avais acheté un appareil Pentax, moderne, petit, léger. L'image m'attirait, mais la photo est devenue une nouvelle source d'angoisse parce qu'elle fige l'instant de ce qui n'est plus. Mes cadrages mal choisis, dans des lumières souvent trop froides et surexposée, sans épaisseur, sans profondeur, ni sans instinct. Même encore maintenant, je ne sais pas faire que mes photos soit vivantes, dans leur composition, dans leur lumière, dans leur mouvement, tout reste pour moi non pas un temps suspendu, mais un instant mort.

A vingt ans, perdu et désorienté, j’ai suivi les conseils d'un frère aîné qui m'ont amené vers l'école d'architecture de Versailles.

Les études d'architecture étaient longues et ouvraient à toutes les disciplines comme une lecture totale de la société. On apprenait à modeler l'espace de la main, à parler en dessinant, on parlait aussi de sociologie et d’anthropologie, d’histoire et de philosophie et parfois de résistance des matériaux. Mais surtout nous apprenions à penser des lieux de vie, les objets construits, l'espace qui les articule et qui permet d'en donner la mesure. On apprenait à regarder le sol pour y poser diversement les bâtiments, selon sa nature et sa morphologie. On apprenait que l'architecture doit réellement se comprendre comme la somme de ces articulations parce que construire, c'est articuler une relation de symbiose entre l'homme et son environnement et ce n’est pas uniquement s’isoler de l’extérieur, comme on se protège d’un prédateur. J’ai appris qu’il n’y a toujours quelque chose à quoi raccrocher son analyse pour qualifier l’espace qui nous entoure.

En 1987, l'objectif de mon diplôme fut de réaliser un chef d'œuvre et j’ai travaillé sur une grande friche parisienne idéale, faisant angle avec le boulevard de la Chapelle, dans le 10ème arrondissement, où plusieurs niveaux de sols se croisent de façon quasi unique à Paris, entre le métro aérien qui surplombe le niveau des rues, tracé des limites haussmanniennes de la ville et celui des voies ferrées de la gare de l'est qui, en contrebas, creusent un sillon stratifié jusqu’au cœur des gares. Le Corbusier était mon modèle bien sûr, et j’avais aussi en référence toute l’histoire et les architectes qui ont à dire que l'architecture est affaire de sol et pas seulement de fondation, ni de forme.
J'ai longuement réfléchi à l'interpénétration intérieur-extérieur et inversement, cela ne s’opère pas de la même façon, la question du franchissement. L'architecture est là sexuellement définie parce qu'on y pénètre et qu'on en sort, parce qu'on la regarde et qu'on la touche avec envie, parce qu'on l'habille d'une peau formelle et douce, parce qu'on lui fait de belles façades proportionnées, aussi belles que les belles peintures des musées, parce qu'il faut lui consacrer sa vie et parce qu'on vit en elle et avec elle. L’aspect sexuel de l’architecture est important parce qu’un bâtiment est un objet doué de vie, à défaut d’une âme. Dans un sens, c’est cela qui nous relie à la peinture, par la matière vivante qu’il s’agit de dessiner et de mettre en forme et de révéler.

Après le diplôme J'ai travaillé en agences pendant des années. De longues journées et des nuits entières sur des concours et des dossiers de construction, sur des détails et des points de réglementation qui sont aussi des outils de mesure de l’espace habité. D'autres nuits je me perdais dans la peinture jusqu’à pas d'heure. Mon appartement à Paris, est devenu mon atelier. J'y faisais mes expériences, tout était taché de projections et de mélanges d’encres, d’huile, d’essences, d’acétone.
Sur la porte j'avais écrit "Il faut travailler !". C’était une obsession.

J'étais "entré en peinture" pendant le premier cycle des études d’architecture, en suivant les cours d'art plastique de Frédéric Benrath. Benrath m'a appris à regarder loin, au-delà des brumes bleutées de l'horizon du parc de Versailles et pour cela il nous faisait travailler sur les détails de petits cadrages de matières quelconques. Toujours avec un petit sourire moqueur, calme et détendu. C’est lui qui sans le savoir m’a donné l’impulsion pour aller vers la peinture.
Au début les supports, les outils, la couleur, tout était bricolage, à la recherche d'une écriture pour peindre abstrait et faire émerger les idées. Bien que submergé par un océan d'incertitudes, de doutes et de peurs incontrôlables, j'ai fait quelques expositions dans les années 90 et j’ai même vendu quelques tableaux, mais j'ai vite fui le regard des autres qui me semblaient ne rien m’apporter tant j’avais tout à apprendre par moi-même. Je vivais une solitude insupportable, mais j'ai continué à peindre. La seule activité qui m'aidait à vivre.

Et puis la vie change, rien ne dure toujours, j’ai rangé mes pinceaux, j'ai posé mes spatules, pendant 10 ans. Temps mort, comme au basket, le temps de soigner et de dompter un mal venu d'Ukraine transporté, peut-être, par un drôle de nuage...

Au milieu des années 2000, porté par ma compagne, Cécile, j'ai recommencé à travailler une peinture moins abstraite, les tulipes, les bambous, les bouleaux, les palmiers, des paysages. De ceux oubliés, comme des souvenirs lointains, vécus, vus, lus. De ceux que définit une tache de couleur, par hasard et qui contiennent une charge poétique charnelle et une émotion première.
Depuis 2008 j'ai recommencé à exposer, même si je dis souvent que je n'ai pas assez travaillé, pour cela. Je suis plus à l'aise avec certains thèmes, je manipule mieux la spatule, je choisis mieux mes couleurs et j'ai appris à faire des ombres improbables qui donnent de la profondeur et du volume à la peinture. J'ai un langage pictural que je veux à réaction poétique, selon les termes de Le Corbusier, un langage qui exprime le mouvement, la violence du monde et celle des éléments, un langage qui cherche la texture de la matière, sa lumière et ses couleurs. Je procède par touches et par grands gestes dans une sorte de danse autour du tableau posé à plat, à mi-hauteur, entre le sol et mes yeux. J'ai, comme cela, à la fois du recul pour mesurer l’espace et à la fois de l'aisance pour retenir l'élan de mon outil et pour lancer des traces sur le tableau.

Les traces.

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